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7 conseils pour rater sa startup en beauté

Les startups, jeunes entreprises à fort potentiel d’innovation, poussent comme des champignons. En 2017, près de 10 000 startup ont été créées en France. Toutes ont une super idée qui veut révolutionner le monde, pourtant près de 90% ont échoué…. Je vous explique donc comment faire partie de ces 90%.

1. Faire de mauvais recrutements
Quand la Dream Team vire au Nightmare Team.

C’est évident, me direz-vous… Et bien pas tant que ça! Les startups attirent un tout nouveau public qui vient travailler pour s’amuser. Et oui, « startup » sonne dans la tête de beaucoup comme « babyfoot, bières, toboggan dans les bureaux à la Google, chemise hawaïenne et tongs ». Malheureusement, le modèle américain ne fonctionne pas toujours dans les autres pays. Il faut, bien entendu, travailler votre marketing RH au maximum pour séduire les candidats mais n’envoyez pas de mauvais signaux. Il faut les séduire par un cadre de travail exceptionnel et proposer des postes très motivants et intéressants… Et non pas séduire par les after works que vous faites tous les jeudis soirs entre collègues wink.

Deux petits conseils pour vos futurs entretiens de recrutement:

  • Faites passez plusieurs entretiens à un candidat potentiel, avec différentes personnes (si possible bien sûr) et même pourquoi pas faire le dernier entretien autour d’un verre pour voir comment se comporte le candidat dans différentes situations.

  • Testez-le sur des cas concrets. Si vous recrutez une personne pour le support client par exemple, utilisez un cas problématique auquel vous avez déjà eu affaire pour évaluer sa capacité de reflexion, la manière dont il réagit. Exemple: « M. Dupont nous a envoyé un email car il souhaiterait être remboursé suite au renouvellement de son abonnement il y a 5 jours, sauf qu’entre temps il a utilisé l’outil, Pourrions-nous simuler l’appel téléphonique? ». Et plus important, à la fin de cette simulation, évaluez le candidat en lui donnant une chose qu’il a réussi « J’ai trouvé que vous étiez jovial et poli » et une chose moins bien « par contre, vous n’avez pas laissé le client s’exprimer assez, il n’a pas su en placer une » et voyez sa réaction face à cette « critique « , vous aurez parfois des surprises wink.

Il faut porter une attention toute particulière à vos premiers recrutements (vous ferez des erreurs, tout le monde en fait mais apprenez de ces dernières) car ce sont ces personnes qui constitueront le noyau central de votre entreprise. Il vous faut donc des personnes de confiance, matures, autonome avec une bonne capacité de prise d’initiative.

A retenir
  • Travaillez votre marketing RH minutieusement pour attirer les bonnes personnes
  • Faites passer plusieurs entretiens à un candidat (voire même avec une personne différente)
  • Faites des tests de mise en situation pour voir comment le candidat se comportent
  • Vos premiers recrutements constitueront votre équipe noyau

2. Faire une levée de fonds « inutilement »
L’argent, le fric, le flouze, la thune, l’oseille, le blé.

Non non et non! Créer une startup ne signifie pas forcément faire une levée de fonds! Le plus important avant une levée de fonds ce sont les clients. Si vous courez après la levée de fonds, vous n’aurez pas le temps de courir après les clients et si vous n’avez pas de clients, les investisseurs n’investiront pas. La levée de fonds prend énormément de temps, je dirais même que c’est un travail à plein temps lorsque vous voulez la préparer correctement. Alors assurez-vous que votre équipe derrière pourra suivre ou faites-vous accompagner par un cabinet spécialisé.

Mais la grande question c’est « dois-je vraiment lever des fonds? » Si vous vous posez cette question, c’est que la réponse est non. Ce n’est pas parce que vous voyez dans les journaux et magasines des dizaines de startups qui lèvent des fonds qu’il faut en lever. Toutes les startups qui réussissent n’ont pas forcément fait une levée de fonds. Certaines en ont besoin, d’autres non.
Pour lever des fonds, il faut avoir un objectif bien précis (recrutement, développement d’un nouveau produit, partir à l’international…). Il faut lever des fonds parce qu’on en a vraiment besoin. Par exemple, une entreprise doit accélérer sa croissance parce qu’autrement, ses concurrents vont passer devant elle ou alors une entreprise qui doit être leader international pour vendre.

Enfin, sachez qu’un investisseur investit sur l’Homme. Si votre équipe noyau comme expliqué plus haut n’est pas formée ou n’est pas stable, il n’investira pas.

A retenir
  • Courez d’abord après les clients plutôt qu’après la levée de fonds
  • La levée de fond est très chronophage
  • Réalisez une levée de fonds uniquement si vous avez un objectif précis
  • Assurez-vous d’avoir votre équipe noyau avant de levée des fonds

3. Partir à l’international sans s’y connaitre
Retour à la case départ.

C’est le rêve de beaucoup de créer une startup internationale avec un bureau aux Etats Unis, en Angleterre, A Singapour… Mais attention! Il y a plusieurs aspects à prendre en compte dans un développement à l’international.
Pensez aux différences culturelles. Vous souhaitez commercialiser votre produit au Japon? Et bien simplement traduire votre site en Japonais ne vous aidera pas. En effet, les sites japonais sont très différents des sites occidentaux très clairs, rangés par catégories, simples. Les sites japonais sont plus complexes, avec beaucoup d’informations dans tous les sens. Pour être plus claire, je vous donne la version japonaise de Rakuten (anciennement Priceminister):

Rakunten-Japon-exemple

Les habitudes d’achats sont également différentes dans chaque pays. Par exemple, les allemands sont connus pour payer plus facilement par virement bancaire que par carte bleue. Il faut donc adapter les moyens de paiement que vous proposez.

A retenir
  • Votre site doit s’adapter aux différentes cultures
  • Les habitudes d’achats sont différentes d’un pays à un autre

4. Etre attiré par les shiny stuff
Shine bright like a diamond.

Une « shiny stuff » est tout ce qui ne fait pas parti de votre coeur de métier. Par exemple, vous êtes le fondateur d’une startup créant des colliers connectés pour chiens qui traduisent le langage canin, un jour vous rencontrez quelqu’un qui vous propose d’animer un club d’éducation canine (au détriment de votre super innovation). C’est une shiny Stuff, votre coeur de métier n’est pas l’éducation canine, concentrez-vous sur votre métier: La création d’objets connectés pour le monde animalier.

Les shiny stuff peuvent vous détourner de votre objectif premier et du développement de votre produit. Vous allez diviser votre temps par deux ou trois ou quatre et perdre de vue votre produit. Et là, c’est tout un déferlement de mauvaises choses qui va s’abattre sur vous: Vos collègues vont vous voir concentrer sur autre chose et DONC laisser le produit de coté DONC ils vont se désengager DONC ils vont être moins performants DONC vos mises à jour et développements vont prendre plus de temps DONC vous allez fermer votre entreprise… Bon, peut-être pas jusque là mais cela peut vous causer de gros soucis et surtout, récupérer la confiance de votre équipe en sera bien difficile!

Mon conseil: Ecrivez et encadrez votre objectif. Ainsi a chaque fois qu’une opportunité se présente demandez-vous « est-ce que ça rentre dans mon objectif ou est-ce que ça m’en détourne? ». Si ça vous en détourne, fuyez!

A retenir
  • Les shiny stuff sont tous ce qui ne fait pas partie de votre coeur de métier
  • Elles vous font consacrer moins de temps à votre entreprise
  • Ecrivez votre objectif très clairement et encadrez le dans votre bureau afin de le garder en tête lorsqu’une shiny stuff se présente à vous

5. Ne pas savoir déléguer
Quoi? Vraiment? Vous ne voulez pas prendre de vacances?

S’il y a bien une chose que tout bon entrepreneur a du mal à faire… C’est déléguer! Et pourtant mesdames et messieurs, c’est peut-être la clé du succès de votre boite. Vous êtes le chef d’entreprise, vous savez tout faire ou presque, vous avez une vision claire d’où vous souhaitez aller et des moyens pour atteindre vos objectifs… Mais vous ne pouvez pas tout faire malheureusement!

Je suis, bien entendu, consciente que déléguer est peut-être l’une des choses les plus difficiles à mettre en oeuvre. Vous n’avez surement pas envie de déléguer une de vos taches/missions à quelqu’un et vous dire que celle-ci sera peut-être moins bien faite et pas à votre manière. Mais pour l’instant vous n’êtes peut-être que 3 ou 4 dans votre entreprise, comment allez-vous faire lorsque vous serez 10? Puis 15? Puis peut-être un jour 50 voire plus?

Il faut que tous vos collègues aient, eux aussi, une vision claire de l’entreprise, où vous souhaitez aller et quelles sont les valeurs de la société. C’est un bon départ pour que le collègue à qui vous allez déléguer votre très cher développement produit, par exemple, comprenne exactement ce que vous attendez. Prenez même le temps, la première fois, de lui expliquer très clairement comment vous voyez les choses, faites-le avec lui. Il faut investir un peu de votre temps pour ensuite en gagner grâce à votre super collègue qui gérera totalement le développement produit et en toute autonomie.

Enfin, vous pouvez tout à fait sous-traiter tout ce qui ne crée pas de valeur dans votre entreprise. Par exemple, vous vendez des chaussures en ligne, est-il vraiment important d’avoir une équipe de support sur place? Non? Alors sous-traitez le!

A retenir
  • Vous ne pouvez malheureusement pas tout faire, votre startup va peut-être grandir très vite, il faut déléguer au maximum
  • Vos collègues doivent avoir une vision aussi claire que vous de l’avenir, de vos valeurs et bien comprendre ce que vous attendez
  • Investissez un peu de temps sur le collègue à qui vous allez déléguer une tache
  • Sous-traitez ce qui ne crée pas de valeur dans votre entreprise

6. Etre trop cool
Bien sûr que non, n’arrêtez pas les apéros du jeudi soir avec vos collègues!

calme-et-cool-

On a tous en tête l’image de la startup cool où on peut arriver à l’heure que l’on veut, faire une pause pour jouer aux jeux vidéos, faire des blagues douteuses aux collègues et le patron qui est notre « pote ». Malheureusement être « trop cool » peut porter préjudice à votre entreprise. Attention, je ne vous dis pas de devenir le grand méchant patron qui contrôle les moindres faits et gestes de ses sous-fifres et qui ne leur adresse même pas un « bonjour » le matin. Ce modèle ne fonctionne plus depuis des années! Mais si vous vous montrez trop amical, certains collègues peuvent oublier qu’ils sont là avant tout pour développer une entreprise.

En tant que patron, vous pouvez être évidemment détendu, blaguer avec vos collègues, aller boire un verre le soir après le travail mais lorsque le collègue fait quelque chose qui vous déplait, il ne faut pas hésiter à le lui dire. Vous le prenez à part et mettez les choses au clair, pas besoin d’agressivité, pas besoin de menace juste une discussion.
N’acceptez pas trop de choses ou des choses qui vous dérangent. Par exemple, un beau matin à 11h votre collègue vous envoie un message pour vous prévenir qu’il ne sera pas au bureau aujourd’hui parce qu’il a « mal dormi ». Vous, qui êtes très gentil, vous lui répondez « pas de soucis, repose toi bien »… Et bien c’est un joli prétexte pour lui de recommencer plus tard et les autres collègues pourraient, quant à eux, se sentir lésés.
Attention, je ne dis pas que tous vos collègues seront ainsi! Loin de moi cette idée mais il y a certains collègues qui pourraient abuser un peu trop de votre gentillesse.

A retenir
  • Ne pas hésitez à dire à un collègue lorsqu’il fait quelque chose de mal
  • N’acceptez pas des situations qui vous déplaisent
  • Parlez franchement et ouvertement avec vos collègues

7. Avoir un mauvais business model
Là ça va vous demander beaucoup de reflexion.

Le point qui peut paraitre le plus logique de cet article. Un mauvais business model peut anéantir une entreprise. Prenons l’exemple des startups éditant des solutions SaaS, des logiciels accessibles en ligne hébergés par le prestataire. Pour elles, le pricing est très difficile à mettre en oeuvre: vais-je travailler en abonnement mensuel? Annuel? En one shot? Il faut trouver la stratégie qui collera le mieux à leur produit et, on ne va pas se le cacher, qui rapportera le plus.
Beaucoup de startups font une erreur qui peut s’avérer fatale: elles vendent leur solution a un prix plus compétitif que leurs concurrents… et elle se tirent une balle dans le pied. Aux yeux de beaucoup, ces entreprises passent pour des solutions « low cost » alors que ces dernières sont parfois plus performantes et proposent même plus de fonctionnalités. Je ne veux pas dire par là qu’il faut pratiquer des prix exorbitants pour vendre, il faut juste bien réfléchir à l’image que votre business model va renvoyer de votre produit.

Enfin, un pricing peut souvent être compliqué à comprendre par les utilisateurs alors que pour vous il est clair comme de l’eau de roche. Si un visiteur ne comprend pas un prix, il sera moins disposé à acheter chez vous. Pensez à faire valider vos tarifs par une personne extérieure à votre entreprise, elle pourrait vous délivrer un avis très précieux pour la réussite de votre startup.

Vous devez avoir une capacité de pivot très élevée. Il faut pouvoir passer d’un tarif en one shot à un tarif par abonnement très facilement. En moyenne, sachez que votre pricing changera 3 fois avant que vous trouviez la bonne stratégie prix.

A retenir
  • Un pricing incompréhensible peut vous faire perdre de potentiels clients
  • Adaptez votre pricing afin qu’il renvoie une bonne image de votre produit (attention aux tarifs low cost qui peuvent donner une image de mauvaise qualité)
  • Ayez une capacité de pivot élevée afin de pouvoir modifier votre pricing facilement

Conclusion

Dans cet article j’ai voulu relater des expériences vécues ou des expériences rapportées par mon réseau. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas monter votre startup en étant cool et ami avec tous vos collaborateurs par exemple. Ces conseils doivent être adaptés à votre entreprise, à votre situation, à vos produits.

7 conseils pour rater sa startup en beauté
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